Pollution à Gabès : la justice refuse de suspendre l’activité du Groupe chimique tunisien

Pollution à Gabès : la justice refuse de suspendre l’activité du Groupe chimique tunisien
Le tribunal de première instance de Gabès a rendu, jeudi 26 février 2026, son verdict dans l’affaire en référé introduite afin d’obtenir l’arrêt immédiat des unités jugées polluantes du Groupe chimique tunisien (GCT).

La juridiction a rejeté la demande de suspension de l’activité, invoquant l’absence de preuve suffisante du préjudice, a indiqué le collectif Stop Pollution dans une publication sur sa page Facebook.

Cette procédure judiciaire, dont le prononcé avait été reporté à plusieurs reprises, a été engagée par l’Ordre régional des avocats. L’action visait à mettre un terme à l’activité des unités industrielles incriminées, dans un contexte marqué par une mobilisation citoyenne croissante réclamant leur démantèlement.

Les habitants de Gabès affirment depuis plusieurs années leur refus de toute cohabitation avec des sources de pollution provenant de la zone industrielle de Gabès qu’ils estiment nocives pour la santé et l’environnement.

Selon le collectif « Stop Pollution », le mouvement de contestation a débuté en avril 2025 par un sit-in devant le siège du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie à Tunis. Une nouvelle mobilisation s’est tenue le 23 mai 2025 devant le siège du gouvernorat de Gabès, à la suite du Conseil des ministres du 5 mars 2025.

Lors de cette réunion, une série de décisions avait été adoptée, perçue par les militants comme un renoncement implicite à la décision de démantèlement des unités polluantes prise en juin 2017.

Parmi ces décisions figurent notamment le doublement de la production liée à la transformation du phosphate, le lancement d’industries dédiées à l’hydrogène vert et à l’ammoniac vert, ainsi que le retrait du phosphogypse de la liste des substances dangereuses. Ces orientations ont ravivé les tensions dans la région, où la question environnementale demeure particulièrement sensible.

La contestation a atteint son point culminant en octobre dernier, à la suite d’une série de fuites inhabituelles et jugées dangereuses de gaz émanant du complexe chimique. Ces incidents auraient provoqué plus de 300 cas d’asphyxie, touchant notamment des élèves et des ouvriers, accentuant l’inquiétude des riverains.

Dans son communiqué, le collectif Stop Pollution rappelle que « la crise environnementale se poursuit depuis plus de 53 ans à Gabès », estimant qu’elle freine le développement économique et compromet les conditions d’une vie digne dans une région aux caractéristiques écologiques uniques.

Selon ses membres, l’activité chimique industrielle aurait gravement affecté le golfe de Gabès, entraînant la disparition de 93 % de la biodiversité marine et portant atteinte à la seule oasis maritime de la Méditerranée. Ils évoquent également l’épuisement des ressources hydriques, la dégradation de la santé publique et la propagation de maladies graves au sein de la population locale.

Malgré la décision de justice, les acteurs associatifs assurent que la mobilisation se poursuivra, plaidant pour des solutions durables conciliant développement industriel et protection de l’environnement.

Tekiano avec collectif Stop Pollution


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