Sami yusuf, Le chanteur et compositeur britannique, d’origine azerbaïdjanaise, s’est produit dans le cadre d’un concert sur la scène du Théâtre de Carthage, quatorze ans après son dernier concert en Tunisie, à la salle omnisports de Radès en 2012.
Cette soirée phare de la 60ème édition du Festival international de Carthage, était très attendue par un public hétéroclite, composé de spectateurs multi-ethnic et multigénérationnels, mais dans la haute spiritualité et le langage musical universel que Sami Yusuf prône, a rassemblé.

En ce premier weekend du mois d’août 2026, le chanteur s’est présenté devant son public carthaginois avec un collectif artistique imposant; le Fons Sophiae Collective, dont il est le fondateur, un orchestre international composé de pas moins de 40 chanteurs et musiciens originaires de plusieurs pays comme l’Espagne, la Chine, Maroc, Grande-Bretagne, Turquie et plein d’autres.
Celui qui se qualifie de chanteur sélectif, ne se produit pas en concert dans le monde plus de 5 à 6 fois par an. Son dernier album Ecstasy dont il a présenté plusieurs titres, pour la première à Carthage, a nécessité plus de 10 ans de gestation.
Sami Yusuf a performé en compagnie des artistes marocains Nabila Maan et Ismaïl Boujia, en plus du chanteur espagnol Israel Moro, qui a admirablement fusionné le flamenco et le chant andalou avec le chant spirituel oriental.
Les instruments à cordes sont à l’honneur au sein de ce collectif avec une prédominance des guitares folk, le tar, les qanun, le oud avec le nay et le mijwiz palestinien, sans oublier les nombreuses percussions qui imposent le rythme et encouragent la transe. En plus des nombreux musiciens talentueux, le chinois Guo Gan, maître de l’Erhu, un instrument à deux cordes, a apporté une magie insoupçonnée.
L’entrée en matière s’est faite d’emblée avec des performances vocales et instrumentales avant de passer à des tubes plus connus comme ‘Madad’ aux sonorités soufis, la version arabe de sa composition azerbaïdjanaise ‘Nasimi’, hommage au grand poète soufi azerbaïdjanais Imad Eddin Nasimi.
Le public a apprécié ‘The key’, une version revisitée du célèbre muwashshah arabo-andalou ‘Lamma Bada Yatathanna’, ce chant traditionnel du patrimoine arabo-andalou qui a été interprétée en arabe et en espagnol et ‘Ilahana’, un chant spirituel sur des paroles du poète Abu Nuwas, une évocation divine sur le maqam Sikah.
L’artiste a tenu à rendre hommage à Gaza et à la Palestine en reprenant les paroles du célèbre poète Mahmoud Darwish ‘na7nou nou7ébou al hayata’ (nous on aime la vie) arrangées dans une composition mélancolique dans laquelle la dabka palestinienne était perceptible.
La chanson qui a fait connaitre Sami yusuf dans le monde ‘Hasbi Rabbi’ a été interprétée par l’artiste et le public presque acapella , hormis quelques notes de percussions pour donner le rythme, chose que les spectateurs ont grandement apprécié faisant vibrer tout le théâtre avec ces louanges au dieu tout-puissant.
Pour la première fois en Tunisie, Sami Yusuf a décidé de clôturer la soirée avec le morceau “Ecstasy” de son dernier album du même nom. Avec beaucoup d’émotion, l’artiste a invité le public à interagir avec cette composition qui mise beaucoup sur les vocalises, le rythme et les solos instrumentaux.
Une belle sortie de scène, longuement applaudie et un concert qui restera longtemps dans les annales du festival de Carthage, devant un public particulièrement attentif, transformant l’amphithéâtre romain en un temple de méditation et de fusions musicales et lui rendant son prestige et son rayonnement.
Sara Tanit
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