Concert Dedublüman au festival Hammamet 2026 : quand le public tunisien chante turc
Le groupe turc Dedublüman a livré son tout premier concert en Tunisie et sur le continent africain, dans le cadre de la 60e édition du Festival International de Hammamet. Le groupe de rock alternatif turc fondée en 2010, est très populaire en Tunisie notamment avec grâce à son tube planétaire Belki sorti en 2022.
Le leader et chef du groupe est Mustafa Yavuz a dit sur la scène du Festival International de Hammamet dans la soirée du vendredi 7 août 2026: ‘C’est la première fois que nous chantons en Tunisie et en Afrique’, avant de balayer les gradins du regard et de demander, en turc, si des compatriotes se trouvaient dans la salle.
Quelques mains se sont levées, aussitôt suivies d’acclamations, dans une scène qui a révélé, dès les premières minutes, une curiosité réciproque entre un groupe vivant sa première expérience tunisienne et un public impatient de découvrir sa musique.
Le chanteur est revenu sur la question de la langue avant d’entamer le concert : « Nous venons de Turquie, nous parlons turc et nos chansons sont en turc, mais ne vous inquiétez pas, vous n’avez besoin de connaître aucun mot de turc ce soir, car la musique sera notre langue ».
Pour l’occasion, le groupe s’est doté d’un dispositif son et lumière particulièrement abouti, offrant à son public un spectacle aux standards des grandes scènes internationales.
Un répertoire entre rock alternatif et sonorités orientales
Fondé à Istanbul en 2010, Dedublüman s’est construit une identité musicale singulière, mêlant rock alternatif, sonorités turques et orientales, instruments à cordes et musique électronique.
Sur scène, le groupe s’appuie sur des musiciens multi-instrumentistes qui font dialoguer guitare, oud, violon, clarinette, piano et percussions. Ce métissage sonore, porté par une introduction remarquée au violon et au oud, s’est déployé à Hammamet à travers vingt morceaux, alternant passages calmes et séquences rythmiques enflammées.
Certaines chansons du groupe abordent des thèmes liés à l’espoir, à l’attachement à la vie, à l’amour et à la paix, des notions qui résonnent particulièrement dans un monde marqué par les guerres et les fractures qu’elles laissent derrière elles.
Le public n’a pas eu besoin de comprendre les paroles pour suivre le spectacle avec attention : la mélodie, le rythme et la voix ont suffi à transmettre l’essentiel de ces émotions, portées par des thèmes qui dépassent la barrière des langues.
Le leader du groupe, volontiers bavard, a multiplié les prises de parole en turc et en anglais entre les morceaux, cherchant à créer une proximité avec des mélomanes en grande partie jeunes, appartenant à la génération Z, friands des productions turques et qui ont appris la langue sur le tas.
Loin de se refermer sur sa culture d’origine, Dedublüman a cherché à tisser un pont entre deux pays proches : la Tunisie, pays hôte, et la Turquie, pays d’origine du groupe. Il faut dire que plusieurs jeunes tunisiens sont imprégnés par la culture turque grâce notamment aux feuilletons devenus très populaires.
Le public a répondu par des applaudissements nourris, des acclamations et des battements de mains suivant le rythme, avant de revenir à une écoute plus recueillie lorsque la musique retrouvait son calme.
Parmi les titres les plus réclamés figurent « Belki », la chanson qui a fait connaître le groupe au-delà des frontières turques, aux côtés de « Rüya Gibi », « Depresyon », « Firuze », « Yanmaymışım Gibi », « Sen Bilmezsin » et « Düğün ».
Autant de morceaux qui ont contribué à ancrer la présence de Dedublüman dans le paysage musical turc contemporain et à lui ouvrir de nouveaux publics à l’international, notamment via les plateformes numériques.
Au-delà de la barrière linguistique, c’est tout un univers musical, une esthétique indépendante et des messages forts qui ont marqué la soirée du 7 août à Hammamet. Une première réussie pour Dedublüman en terre tunisienne et africaine.
Tekiano
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