Jaou Tunis 2026 : la Biennale de l’Image en Mouvement s’installe à la médina de Tunis

Jaou Tunis 2026 : la Biennale de l’Image en Mouvement s’installe à la médina de Tunis

À l’occasion de la 8e édition de Jaou Tunis, la Biennale de l’Image en Mouvement (BIM’26) s’installe pour la première fois hors de Suisse avec Becoming the Ocean, une exposition présentée du 24 octobre au 22 novembre 2026 à la caserne El Attarine, au cœur de la médina de Tunis.

Coproduite par le Centre d’Art Contemporain Genève et la Fondation Kamel Lazaar, cette édition réunira seize artistes venus d’Afrique, du monde arabe, d’Amérique latine, d’Asie et de leurs diasporas.

Sous la direction artistique de Lina Lazaar et Andrea Bellini, la BIM’26 entend faire de Tunis un nouveau point de rencontre autour de l’image en mouvement, tout en renforçant les échanges entre artistes, professionnels de la culture et acteurs techniques.

Pour Lina Lazaar, vice-présidente de la Fondation Kamel Lazaar et co-curatrice de cette édition, l’arrivée de la BIM à Tunis représente bien davantage qu’une exposition : elle doit contribuer à développer les compétences des professionnels et techniciens locaux et à créer un réseau durable reliant différentes géographies de la « Global Majority ».

L’exposition Becoming the Ocean présentera seize productions inédites, spécialement commandées pour cette édition BIM’26. La sélection réunit Tabarak Allah Abbas, Younès Ben Slimane, Mona Benyamin, S.A. Chavarría, Leena Habiballa, Roman Selim Khereddine, Zein Majali, Alaa Mansour, Paulo Nazareth, Diane Severin Nguyen, Liv Schulman, Hildegard Titus, Natasha Tontey, Castiel Vitorino Brasileiro, ainsi que le duo Hajra Waheed et Sarah Zeryab.

Cette diversité géographique et artistique constitue l’une des caractéristiques fortes de la BIM’26. Selon Andrea Bellini, directeur du Centre d’Art Contemporain Genève et co-curateur, cette édition rassemble un groupe particulièrement diversifié dans l’histoire de la Biennale, avec une forte présence d’artistes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord et une majorité de femmes parmi les participantes et participants.

À travers leurs œuvres, les artistes abordent des réalités contemporaines marquées par les guerres, les migrations, les bouleversements écologiques, les luttes politiques, les savoirs ancestraux, les transformations technologiques et les conflits liés à la mémoire. Becoming the Ocean s’intéresse ainsi aux périodes où les systèmes politiques, sociaux et culturels semblent atteindre leurs limites et où les repères hérités deviennent plus difficiles à maintenir.

Le titre de l’exposition reprend l’image d’une rivière arrivant à la mer : ce qui pourrait apparaître comme une disparition devient une transformation et l’entrée dans un espace plus vaste.

Cette métaphore sert de point de départ à une réflexion sur l’interdépendance, la mémoire et les nouvelles formes de relation. Les corps y sont envisagés comme des archives, tandis que les paysages deviennent les témoins de transformations souvent invisibles.

L’exposition questionne notamment les séparations entre nations, peuples, histoires, espèces et futurs, en proposant de penser la transformation non comme une rupture avec le passé, mais comme une manière de continuer à avancer avec ce qui a été transmis.

Un symposium à Tunis pour interroger les crises contemporaines : la programmation de la Biennale de l’Image en Mouvement 2026 ne se limite pas à l’exposition. Un symposium intitulé Becoming the Ocean se tiendra les 26 et 27 octobre au Rio, réunissant artistes, écrivains, chercheurs et penseurs politiques autour des bouleversements qui traversent les sociétés contemporaines.

Les échanges partiront du constat d’une période de forte intensification des crises politiques, historiques, technologiques et épistémologiques, alors que plusieurs structures héritées semblent atteindre leurs limites. Le programme sera organisé autour de quatre axes : l’ordre international, la mémoire, l’intelligence et la vérité.

L’objectif sera notamment d’interroger les formes de savoir, de relation et d’imagination politique susceptibles d’émerger lorsque les modèles existants ne permettent plus de répondre aux transformations en cours.

Cette programmation publique vient prolonger les interrogations soulevées par les œuvres exposées et donne à la BIM’26 une dimension de réflexion et de débat qui dépasse le cadre traditionnel d’une exposition d’art contemporain.

En choisissant Tunis comme première étape internationale de la Biennale, les organisateurs souhaitent également renforcer les échanges entre les scènes artistiques locales et internationales et inscrire la ville dans un réseau de création et de réflexion autour de l’image en mouvement.

Le choix de la Quechlet El Attarine constitue un autre élément majeur de cette édition de Jaou Tunis 2026. Cette ancienne caserne militaire ottomane du XIXe siècle, située au cœur de la médina de Tunis, compte parmi les édifices militaires historiques les mieux conservés de la vieille ville.

Au fil de ses deux siècles d’existence, le bâtiment a changé de fonction, passant notamment d’un usage militaire et carcéral à des usages éducatifs, puis culturels. Avec Becoming the Ocean, il s’apprête à connaître une nouvelle transformation.

Pour la BIM’26, ce lieu historique ne sera pas un simple espace destiné à accueillir des œuvres : son architecture, son histoire et les différentes couches de son passé feront partie intégrante de l’expérience proposée au public.

Les seize artistes seront ainsi invités à faire dialoguer leurs créations avec un patrimoine marqué par plusieurs vies et plusieurs usages. Cette rencontre entre art contemporain, image en mouvement et patrimoine de la médina de Tunis donne à l’événement une dimension particulière.

Fondée à Genève en 1985, la Biennale de l’Image en Mouvement figure parmi les premiers événements consacrés aux images en mouvement produites par des artistes. Depuis 2014, elle privilégie la commande de nouvelles œuvres originales, permettant à chaque édition de faire émerger des regards et des pratiques artistiques multiples. Après Tunis, Becoming the Ocean poursuivra son parcours à Venise, Bruxelles, Genève et Londres.

Tekiano


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