Prise en charge du cancer du sein en Tunisie : Vers un parcours patient personnalisé et connecté
À l’occasion de l’Octobre Rose, mois de sensibilisation au cancer du sein, Roche Tunisie a réuni des experts de premier plan lors, de la première édition des Roche Health Dialogue Series, pour une table ronde intitulée « Cancer du sein en Tunisie : renforcement du parcours patient », mercredi 07 octobre 2026 à l’hôtel Novotel à Tunis.
Cette rencontre a permis de dresser un état des lieux pré du cancer du sein en Tunisie, de souligner l’évolution de la prise en charge médicale, de mettre en avant les avancées technologiques et d’insister sur le rôle crucial du soutien associatif.

Le cancer du sein représente le cancer le plus fréquent chez la femme à l’échelle mondiale comme en Tunisie, où il constitue environ 30 % des cancers féminins, avec plus de 4 000 nouveaux cas diagnostiqués par an.
Si l’âge moyen des patientes se situe autour de 49 à 50 ans, une spécificité génétique locale entraîne l’apparition de la maladie chez des femmes plus jeunes : près de 10 % des cas touchent la tranche d’âge des 35–40 ans.
Les spécialistes rappellent que le développement de la maladie est multifactoriel. Outre le terrain génétique et le profil hyper-œstrogénique (auquel s’ajoute la ménopause tardive), le mode de vie influencé par la sédentarité, l’obésité et le stress chronique, joue un rôle prépondérant dans l’apparition des risques :
Pr. Henda Rais, Professeure hospitalo-universitaire en médecine et Cheffe du Service d’Oncologie Médicale à l’Institut Salah Azaïez énumère les principales causes du cancer du sein et les chances qu’on a d’en guérir :
L’importance cruciale du dépistage fut l’un des messages clés de la table ronde. Les professionnels de santé rappellent l’amélioration constante du diagnostic précoce. En 25 ans, les avancées médicales ont permis de réduire significativement la taille des tumeurs détectées lors des consultations initiales, augmentant ainsi considérablement les chances de guérison.
« Octobre Rose est un rappel essentiel, mais la prévention et le diagnostic du cancer doivent se faire tout au long de l’année », rappelle la Pr. Henda Rais, Cheffe du Service d’Oncologie Médicale à l’Institut Salah Azaïez.
Le Pr. Jamel Daoud, professeur en radiothérapie et vice-président de l’association Dar El Amal, insiste sur la distinction fondamentale entre le diagnostic précoce et le dépistage systématique.
Le dépistage s’adresse aux femmes asymptomatiques et repose sur la mammographie, l’échographie et le bilan sérologique. Il est recommandé d’effectuer un suivi régulier à partir de 45 ans. Le diagnostic précoce s’applique dès l’apparition des premiers symptômes ou d’une anomalie suspecte au niveau du sein comme une modification de la forme ou l’aspect de la peau, un écoulement ou une masse anormale.
Aujourd’hui, l’approche médicale a profondément changé. Grâce à l’identification de la « carte d’identité biologique » de chaque tumeur, la médecine s’oriente vers des traitements personnalisés et sur mesure.
Comme le souligne la Pr. Habiba Mizouni, Cheffe du Service de Radiologie à l’Hôpital La Rabta, la prise en charge réunit une équipe multidisciplinaire où chaque professionnel intervient à un moment précis du parcours.
Lorsqu’il est détecté à temps et correctement pris en charge, le cancer du sein s’apparente désormais à une maladie chronique contrôlable.
L’intelligence artificielle et la télémédecine mettent en évidence le rôle de la technologie au service du parcours de soin. Pour faire face à la pénurie de spécialistes en radiologie et aux déséquilibres régionaux, la technologie apporte des solutions concrètes en Tunisie.
Grâce à la télémédecine et à la télé-radiologie, il est désormais possible de couvrir la totalité des besoins hospitaliers pour l’interprétation des scanners et IRM à distance.
L’expérience pilote lancée à l’hôpital de Tozeur a démontré une efficacité remarquable pour pallier la pénurie de radiologues. Comme l’exprime la Pr. Mizouni : « La technologie a réduit les distances et éliminé la géographie ».
L’Intelligence Artificielle (IA)est aussi devenir un véritable outil d’assistance. L’IA devient un soutien précieux pour la lecture des clichés de dépistage. Si l’expertise humaine reste indispensable pour valider le diagnostic final, l’IA offre une fiabilité élevée, notamment pour confirmer la négativité des examens et accélérer le flux de traitement des dossiers.
Un autre donnée importante, le parcours de soin ne se limite pas aux interventions médicales ; l’accompagnement social et psychologique s’avère déterminant. L’accompagnement, les structures de logement et le rôle des associations jouent un role crucial pour réduire l’abandon thérapeutique
Un constat alarmant a été soulevé par le Pr. Jamel Daoud : environ 30 % des patientes en phase curative interrompent leur traitement, faute de solution de logement à proximité des centres de soin.
Pour répondre à ce défi, des structures d’accueil comme l’association Dar El Amal jouent un rôle majeur en offrant un hébergement temporaire aux patientes éloignées. L’implication des aidants et du cercle familial constitue également un pilier essentiel du soutien psychologique, favorisant la régularité des soins et le chemin vers la rémission.
La Tunisie a bien enregistré des avances aux niveau de la prise en charge des malades du cancer de sein, notamment avec une radiothérapie 100% remboursée par la sécurité sociale et et la prise en charge des traitements de l’hormonothérapie et chimiothérapie.
Des actions associatives comme Dar El Amal ou les caravanes Mammolife de l’association Nourane, pour des mammographies gratuites dans les régions constituent aussi une lueur d’espoir.
Reste encore du travail à faire au niveau de la sensibilisation et la prise en conscience de l’importance d’agir dès qu’une anomalie est détectée et ne pas laisser trainer. Les professionnels insistent pour dire que ‘Plus, un cancer du sein est détecté à un stade précoce, plus les traitements sont moins lourds et efficaces et les chances de guérison sont fortes‘.
Sara Tanit
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