Zahira Ben Ammar rend hommage à Mhamed Mouldi Gharbi dans la 5e édition du festival Yajmaouna Al-Masrah
Le Théâtre Sindyana abrite la cinquième édition du festival Yajmaouna Al-Masrah, dirigé par l’artiste Zahira Ben Ammar, avec le soutien du ministère des Affaires culturelles, au coeur de la médina de Tunis du 23 au 25 octobre 2026.
Cette édition rend hommage à Mhamed Mouldi Gharbi (25 février 1942 – 30 avril 2010), homme de théâtre tunisien, metteur en scène, traducteur, formateur et signataire du « Manifeste des 11 » dont le parcours a marqué plusieurs générations d’artistes.
Après avoir honoré, lors de précédentes éditions, les regrettés Ahmed Senousi et Habib Chbil, Zahira Ben Ammar poursuit son engagement en faveur de la mémoire théâtrale tunisienne.
Cet hommage à Mhamed Mouldi Gharbi revêt une dimension personnelle : c’est à ses côtés que Zahira Ben Ammar a fait ses premiers pas au théâtre, notamment dans des expériences menées avec Abdelghani Ben Tara.
Leur travail a été récompensé par le premier prix de mise en scène au Festival national du théâtre amateur de Korba, en 1976, pour la pièce Fakk Allaq.
Le « Manifeste des 11 » et l’héritage artistique
Mhamed Mouldi Gharbi figure parmi les rédacteurs et signataires du « Manifeste des 11 », publié dans le quotidien La Presse le 30 septembre 1966, aux côtés de figures marquantes du théâtre tunisien, dont Taoufik Jebali, Ali Louati, Faraj Chouchane et Moncef Souissi. Ce texte constitue un jalon historique majeur dans le renouvellement du théâtre tunisien moderne.
Formé au Centre universitaire international de formation et de recherche dramatiques (CUIFD) de Nancy, où il approfondit sa connaissance des expériences théâtrales internationales, notamment des recherches de Jerzy Grotowski, Gharbi a également consacré une part essentielle de son parcours à la formation et à la transmission à l’Institut d’art dramatique, en assurant des cours réguliers et des cours du soir.
Sa collaboration avec le metteur en scène Noureddine Al-Ati a donné naissance à la pièce Al-Fasil, qui a obtenu le premier prix de la meilleure recherche dramatique au Festival international du théâtre universitaire de Tunis, en mars 1973. Création, recherche et formation témoignent ainsi de la richesse de son apport au quatrième art.
Un programme pluridisciplinaire
Cette cinquième édition propose plusieurs rendez-vous mêlant théâtre, arts plastiques, musique et formation :
– Arts plastiques : vernissage d’une exposition de peintures de l’artiste Raouf Guara à la galerie Sindyana.
– Rencontre : intervention de l’artiste Abdelsettar Amamou, intitulée « Mhamed Gharbi : l’homme et l’artiste », consacrée à son parcours et à sa contribution à la vie culturelle tunisienne.
– Musique : concert de la chorale et de l’ensemble de qanûn de la Maison de l’Art musical, sous la direction et les arrangements de Sara Dridi et Rachad Tanazfti.
– Théâtre pour adultes : Thanaya, spectacle d’ouverture mis en scène par Youssef Moulhi, avec la participation vocale du grand comédien Issa Harrath, ainsi que Al-Tilfaz, avec Abdou Sharif.
– Théâtre pour le jeune public : Ghaylem wa salahef al kawkab, avec Salah Mosadek, Sihem Mosadek et le Dr Zouheir Banterdayet.
– Formation : ateliers d’encadrement animés par Zouhad Tayeb et masterclass assurée par le Dr Amel Faraji.
Faire vivre la mémoire du théâtre tunisien
À travers cette cinquième édition, Zahira Ben Ammar réaffirme la vocation du festival : rendre hommage aux pionniers, préserver la mémoire artistique nationale et favoriser la transmission entre les générations. Plus qu’une célébration du passé, « Yajmaouna Al-Masrah » entend faire de l’héritage théâtral un espace vivant de rencontre et de création.
Tekiano avec Communiqué
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