Hantavirus en Tunisie : Faut-il craindre un scénario à la Covid-19 ?
Les souvenirs du confinement à cause de l’épidémie du coronavirus sont encore frais dans la tête des tunisiens et de millions de personnes à travers le monde. Si 6 ans plus tard, les conséquences de la crise sanitaire de 2020 s’estompent, une nouvelle alerte virale agite la Toile, à cause d’un nouveau virus qui se propage; l’Hantavirus.
En effet, l’apparition de cas de Hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius au large du Cap-Vert, au début du mois de mai 2026, a ravivé d’anciennes craintes, surtout que cette information sanitaire internationale fait souvent la une des journaux télévisés.

Qu’est-ce que le Hantavirus ? Un prédateur discret
Le Hantavirus n’est pas un nouveau venu dans l’arsenal des pathogènes surveillés par l’OMS. Ce virus a été identifié dès les années 1950 et appartient à la catégorie des zoonoses, ces maladies qui franchissent la barrière des espèces pour passer de l’animal à l’homme.
Son mode opératoire est bien spécifique : il loge chez les rongeurs sauvages (souris sylvestres, rats, campagnols). La contamination humaine ne se fait pas par un simple éternuement dans le métro, mais par l’inhalation de particules virales présentes dans la poussière souillée par l’urine, les excréments ou la salive d’animaux infectés.
Une simple opération de nettoyage dans un local fermé (cave, remise, grenier) resté longtemps inhabité peut suffire à s’exposer. Plus rarement, une morsure directe peut transmettre le virus.
Sur le plan clinique, le Hantavirus peut évoluer vers deux syndromes graves :
– Le Syndrome Pulmonaire à Hantavirus (SPH) : fréquent en Amérique, avec une mortalité fulgurante entre 25 % et 40 %.
– La Fièvre Hémorragique avec Syndrome Rénal (FHSR) : plus courante en Eurasie, se manifestant par des symptômes grippaux intenses avant de toucher les reins.
Hantavirus vs Coronavirus , le potentiel de contagion est incomparable
La comparaison avec le SARS-CoV-2 est inévitable, mais elle s’arrête là où la biologie commence. La différence fondamentale réside dans le potentiel de contagion.
Le coronavirus se transmet très rapidement par voie respiratoire, ce qui a permis sa diffusion planétaire en un clin d’œil. À l’inverse, le Hantavirus est avant tout une impasse épidémiologique chez l’humain. Une fois qu’il a infecté une personne, il s’arrête là : il est incapable de sauter sur le voisin ou de contaminer la famille.
Par contre l’alerte actuelle sur la croisière du MV Hondius est causée par la souche Andes, capable de rares transmissions interhumaines lors de contacts très prolongés et intimes.
Toutefois, même dans ce cas précis, le risque d’une propagation mondiale massive reste considéré comme très faible par les autorités sanitaires internationales. Certes le Hantavirus est plus mortel que la Covid-19 chez les personnes infectées, sa propagation reste beaucoup plus limitée et lente, ce qui le rend peu susceptible de provoquer une pandémie mondiale.
Le risque de propagation de l’hantavirus à la population générale est absolument faible, a insisté vendredi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), relevant que ce virus ‘n’est pas un nouveau Covid’, souligne l’OMS, le 08 mai 2025, sur son site internet.
La Tunisie sous surveillance, inutile de céder à la panique d’après les experts
En Tunisie, les autorités ont rapidement pris les devants pour éviter toute psychose inutile. Le Dr Riadh Daghfous, directeur général du Centre national de pharmacovigilance, a été limpide et a déclaré qu’aucun cas de Hantavirus n’a été recensé sur le sol tunisien à ce jour.
Les experts locaux, dont le Dr Zouhair Souissi (vice-président de l’Association tunisienne des maladies thoraciques), rappellent que les rongeurs endémiques en Tunisie ne sont généralement pas porteurs des souches les plus virulentes rencontrées en Amérique du Sud ou en Asie.
La réaction tunisienne est donc celle d’une vigilance sereine. Le système de santé, bien plus rôdé qu’en 2019, assure une veille active sans pour autant envisager de mesures restrictives.
Faut-il s’inquiéter du risque de la propagation de l’Hantavirus en Tunisie ? prévention
Faut-il s’inquiéter ? Non. Faut-il être vigilant ? Oui. Plutôt que de stocker du gel hydroalcoolique, le meilleur rempart contre le Hantavirus et presque tous les virus viraux en général reste une hygiène domestique simple :
– Aérer longuement les locaux fermés avant de les nettoyer.
– Humidifier les sols avec de l’eau javellisée avant de balayer pour ne pas soulever de poussière.
– Lutter contre les rongeurs dans les habitations et les zones de stockage.
En résumé, si le Hantavirus nous rappelle que la nature reste imprévisible, il ne possède pas les attributs d’un “tueur de masse” capable de nous renvoyer au confinement. La science surveille, la Tunisie veille, et le bon sens doit prévaloir sur la rumeur.
Tekiano