Festival de Carthage 2026 : dix nations font danser le théâtre antique lors des Danses folkloriques du monde
Le théâtre antique de Carthage a vibré d’une énergie particulière lors de la 60ᵉ édition du Festival international de Carthage, celle des différents danseurs des différentes pays du monde qui ont performé lors des Danses folkloriques du monde.
Le public a été embarqué au cours de la soirée du mardi 11 août 2026 dans un voyage à travers les continents, réunissant dix pays sur une même scène. Entre rythmes spectraux, costumes flamboyants et traditions séculaires, la nuit du est devenue le théâtre d’un dialogue culturel saisissant.
Sur la scène de Carthage, devant des tribunes combles où se côtoyaient curieux, adultes et beaucoup d’enfants en plus des expatriés et des diplomates, la magie a opéré pendant plus de deux heures et demi.
La scène du théâtre de Carthage a projeté des méthodes d’expression d’Asie, du pays du soleil levant, le japon de la Chine et de l’Inde, d’Europe à travers des groupe de Malte et de Monténégro et d’Afrique à travers des danseurs égyptiens, marocains, algériens, libyens et Tunisiens.
En arrière-plan, un écran géant dévoilait les paysages sauvages et les monuments emblématiques de chaque nation représentée, ancrant chaque tableau dans son terroir d’origine.
Des acrobaties chinoises à la ferveur balkanique
Pour ouvrir le bal, la troupe de l’Opéra de Pékin a déployé une fresque spectaculaire intitulée « Trouble dans le palais de l’empire céleste ». Une vingtaine d’artistes en costumes chatoyants ont croisé le fer dans un mélange d’arts martiaux, de chant et d’acrobaties. Leurs maquillages traditionnels racontaient déjà l’histoire : le rouge incarnait le courage, le noir l’intégrité, et le blanc la fourberie des rebelles.
Le Monténégro a ensuite pris le relais avec l’ensemble universitaire AKUD Mirko Srzentić. Après quelques pas circulaires bercés par une mélodie douce, le groupe a accéléré la cadence pour lancer l’Oro, la célèbre « Danse de l’Aigle ». La performance s’est conclue par une pyramide humaine impressionnante sous les acclamations nourries de l’amphithéâtre.
Du côté du Japon, ce sont les battements profonds des tambours taiko qui ont saisi les spectateurs. Portée par le son sourd du nagado-daiko, la troupe Rising Sun a réinventé les danses de l’Obon d’été avec une rigueur et une énergie communicatives.
Au Gujarat, en Inde, les corps ont écrit de magnifiques histoires à travers des danses telles que la « Garba » et la « Dandiya Ras », deux danses ancestrales empreintes d’une énergie joyeuse et communicative.
Rythmes de la Méditerranée et magie du nord Afrique
L’Afrique du Nord et la Méditerranée ont naturellement occupé une place centrale dans cette programmation. L’île de Gozo à Malte, représentée par le groupe Ogygia, a transporté le public au bord de l’eau. Leurs chorégraphies inspirées du quotidien des pêcheurs et du clapotis des vagues ont culminé avec El Maltega, la danse nationale maltaise.
L’Égypte, portée par la troupe de l’Université Américaine du Caire, a offert un moment de pure poésie spirituelle. Trois danseurs ont exécuté la Malawiya, la rotation hypnotique des derwiches tourneurs, au son des invocations « Madad… Madad », avant de basculer vers une fresque plus moderne célébrant la vie portuaire d’Alexandrie.
Le voyage se poursuit en Libye, où la Troupe nationale a fait résonner le mizwad à travers des récits de vie bédouine et de chevalerie.
L’Algérie, via le Ballet de l’ONCI, a mis à l’honneur les parures et la grâce des femmes kabyles avec la danse Achawer, complétée par la vivacité de l’ Adach. Le Maroc a quant à lui émerveillé l’assistance grâce à la troupe amazighe Tizwit de Kelâat M’Gouna, exécutant la fameuse danse de L’Abeille, une démonstration collective synchronisée imitant le vol du ruche.
la Troupe nationale tunisienne des arts populaires est intervenue à trois reprises pour rythmer la soirée. D’abord avec « Mharem », une ode féminine où les foulards volent sur scène, puis avec le masculin et énergique « Rboukh », dans lequel les danseurs arboraient fièrement le dengri et la chéchia.
En clôture, après une ultime séquence célébrant la terre et la mer, l’ensemble des troupes est remonté sur le plateau. Dans une ambiance de communion rare, au son du classique de la chanson Sidi Mansour, chaque délégation a agité ses couleurs nationales autour du drapeau tunisien, scellant une soirée où la danse s’est affirmée comme la plus universelle des langues.
Tekiano
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