Film « Dicta shot »: Le château des merveilles de Mokhtar Ladjimi, mi-figue, mi raisin

Le colisée de Tunis a accueilli dans la soirée du vendredi 08 janvier 2016 l’avant-première du nouveau film de Mokhtar Ladjimi « Dicta Shot » ou Ksar Eddahcha (Le château des merveilles). Salle presque complète pour un film qui était en compétition dans la catégorie longs-métrages lors des JCC 2015 et qui a réuni la crème des acteurs tunisiens et une équipe technique jeune et à fort potentiel.

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Un asile microcosme de la société tunisienne

Les faits du long métrage Dicta Shot se déroulent durant janvier 2011 au cœur d’un asile psychiatrique réunissant des opposants au pouvoir et des agitateurs. Quand Tunis bouillonnait de l’extérieur, les patients de l’asile entendaient de loin des échos qu’on essayait de taire à force d’oppression et de camouflage. Les patients les plus révoltés (Dont Fatma Ben Saidan et Zied Touati) étaient traqués par les employés de l’asile et son directeur (Hichem Rostom) qui les faisaient taire à coups de torture et d’intimidation.

Ce qui se passait dehors dans la rue est représenté dans le monastère reconverti à échelle réduite et la rébellion commence à s’organiser autour de Nidhal alias Jamel Madani.

Chaque catégorie de la société tunisienne d’aujourd’hui est représentée par un personnage secondaire et une sorte de mini rivalité commence à se créer entre eux. Mais pour l’instant, ils s’entraident et cohabitent pour combattre un ennemi commun.

 

Un jeu d’acteur qui sauve le film

Le film Dicta Shot a réuni de gros calibres de la scène cinématographique tunisienne à l’instar de Hichem Rostom, Jamel Madani, Fatma Ben Saidane et Zied Touati pour ne citer que ces acteurs là. D’ailleurs Fatma Ben Saidane vient de remporter récemment la mention spéciale du jury pour son rôle dans ce film lors du festival d’Annaba du film méditerranéen (FAFM) en Algérie.

Jamel Madani dans son rôle de meneur dérangé crève littéralement l’écran et réussi à émouvoir et Hichem Rostom qui incombe le rôle d’un dictateur au bord de la déchéance a facilement joué son personnage de méchant et perfide qui lui colle à la peau et se répète dans la majorité de ses prestations.

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Tous les ingrédients étaient là, mais…

Le long métrage de Mokhtar Ladjimi a plongé les téléspectateurs dans la saleté d’une époque qui s’est projetée sur le décor et qui était contagieuse à travers le jeu des acteurs. Dicta Shot a réuni de très bon acteurs, un décor plus que réaliste et des prises de vues qui ont permis de transmettre la souffrance et douleur des personnages principaux mais, cela n’a pas suffit à séduire les spectateurs.

Quelques minutes après le début du film, l’intrigue est rapidement dévoilée et tu joues rapidement à deviner qui et qui en essayant d’associer les personnages fictifs à des acteurs réels du soulèvement tunisien survenu en janvier 2011, tant les métaphores étaient peu subtiles.

Le jeu comique des acteurs, parfois exagéré, n’était pas suffisamment profond pour transférer la gravité de certains moments que les tunisiens ont encore du mal à digérer. Les téléspectateurs se retrouvent face à des flashs d’événements et des faits  parachutés qui sont là juste pour essayer de les coller à la réalité… Dommage pour un film qui avait toutes ses chances d’accrocher les cinéphiles avec un scénario plus travaillé et une mise en scène plus ficelé.

Vous pouvez regarder le film Dicta Shot de Mokhtar Laâjimi à partir du samedi 09 janvier 2015 dans les plusieurs salles de Tunisie.

Sara Tanit

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