“Brotherhood” nominé aux Oscars 2020 dans les salles dès le 10 février, retour sur une tragédie familiale

Le court métrage de Meryam Joobeur, ‘Brotherhood’ (ikhwén) sera projeté dans les salles de cinéma Tunisie à partir du lundi 10 février 2020 en avant-programme des projections du film “Un fils” ( Bik Enneich) de Mehdi M. Barsaoui.

Nominé aux Oscars 2020 du meilleur court-métrage de fiction, une première historique pour un film d’origine tunisienne même si le film représente le Canada (pays producteur), Brotherhood avec Mohamed Houcine Graya et Salha Nasraoui, qui a remporté le Tanit d’or du meilleur court-métrage aux JCC 2018 et au Festival de Toronto TIFF 2018, ne cesse de rafler les prix dans les festivals du monde depuis sa sortie.

Brotherhood est l’histoire de Malek, un jeune Tunisien qui revient chez lui, après une disparition qui a duré plus d’une année, accompagné d’une jeune femme voilée de la tête aux pieds. Le jeune homme aurait rejoint les rangs de Daech puis s’en est enfuit. Sa mère et ses deux petits frères l’accueillent à bras ouverts mais son père Mohamed se montre méfiant et sceptique.

Brotherhood relate l’histoire d’une fratrie tunisienne mais fait aussi référence au courant islamiste ‘la Société des Frères musulmans’ ou  ‘al- Ikhwān al-Muslimūn’ dont les membres sont communément appelés les Frères. Le film jette un regard sur un drame vécu dans plusieurs familles de Tunisie, celui du départ de leurs enfants en Syrie, pour rejoindre les rangs de l’organisation de l’état islamique Daech et tout le malheur qui cela peut engendrer.

Meryam Joobeur déclare qu’elle a eu l’idée de tourner ce film lors d’un road-trip qui l’a mené dans les endroits reculés de son pays d’origine. Les magnifiques paysages filmés dans le nord-tunisien proviennent de la région de Sejnane, affectée par le départ de plusieurs de ses enfants marginalisés et qui souffraient de pauvreté, direction la Syrie…

“J‘ai voulu mettre en avant les conséquences émotionnelles de ce départ“,précise la réalisatrice tuniso-américaine qui signe là son 4ème court-métrage. La réalisatrice affirme qu’elle utilise ses origines diverses pour “explorer les ramifications de l’État islamique dans les régions les plus reculées de Tunisie.”

Meryam Joobeur ajoute qu’elle désire casser plusieurs stéréotypes perpétrés autour des pays arabes à travers son film. D’ailleurs le choix de personnages roux n’est pas anodin, puisqu’elle a voulu aussi montrer que les musulmans ne peuvent être mis dans une seule case et sont multiethniques…

Mohamed Houcine Graya se distingue dans le rôle du père tunisien de la campagne, déchiré entre sa loyauté envers sa famille et ses principes moraux. Salha Nasraoui, en mère meurtrie tient avant tout à garder sa famille soudée. Les trois frères du court-métrage, qui ne sont pas acteurs à la base, le sont dans la vraie vie. La réalisatrice les a rencontré lors de sa virée, ces bergers menaient leur troupeau de moutons dans les champs. Elle s’est approchée d’eux et les a convaincu de participer au tournage.

Le film vise à donner une perspective humaine à la réalité du monde musulman et arabe et briser les stéréotypes…J’ai vécu aux USA après le 11 septembre et j’ai vu l’impact de cet événement sur la perception des musulmans par le reste du monde. dit-elle.

Le court Métrage Brotherhood de Meryam Joobeur n’a malheureusement pas remporté l’Oscar 2020 décerné au court-métrage américain The Neighbors’ Window de Marshall Curry mais a raflé plus de 70 prix en deux ans. Meryam Joobeur a déclaré travailler actuellement sur un projet de long métrage émanant de Brotherhood dans lequel l’accent sera mis sur le personnage de la mère. A suivre de près.

Sara Tanit

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