Festival Carthage 2026 : Saber Rebai présente un concert exceptionnel sous le signe de la transmission
Le chanteur tunisien Saber Rebai a eu l’honneur d’inaugurer la 60e édition du Festival international de Carthage lors d’un concert mémorable au cours duquel il a célébré plus d’une vingtaine de ses passages sur la scène du théâtre antique de Carthage et a partagé avec le public des moments d’échange et de communion.

Le théâtre affichait complet pour cette soirée inaugurale du Festival de Carthage 2026. Les spectateurs sont venus nombreux pour assister à un spectacle intitulé « Sous le Jasmin », qui se voulait un hommage à ceux qui ont fait la gloire de la musique tunisienne ainsi qu’à ceux qui tracent aujourd’hui leur voie et impressionnent par leur maturité artistique.
Saber Rebai, accompagné d’une troupe de musiciens talentueux sous la direction de Kaïs Melliti, a ouvert le concert avec ses tubes festifs comme Machallah Aliha, Tmanit et Ezz El Habayeb Bi Bassata, après la projection d’une vidéo en IA relatant le parcours d’un artiste ambitieux qui a arpenté les rues de Sfax avant de poursuivre son rêve, avec l”ambition de se retrouver un jour sur la scène de Carthage.
Très ému par la responsabilité d’inaugurer la 60ème édition, l’artiste s’est adressé au public en arabe littéraire, saluant le Festival de Carthage, qu’il considère comme l’un des plus grands festivals du monde et un symbole de la mémoire collective et de l’identité culturelle du pays.
Saber Rebai s’est dit fier d’avoir eu le privilège d’animer une soirée aussi symbolique et a réaffirmé son engagement artistique, partagé selon lui par sa génération, ses prédécesseurs et les artistes de demain.
C’est cet engagement et cette volonté de transmission qu’il a matérialisés en invitant sur scène les jeunes artistes Molka Cherni et Ahmed Rebai, son neveu, avec qui il partage la même sensibilité artistique et le même timbre vocal.
Le trio a rendu hommage à la regrettée Dhekra Mohamed, une artiste qui a soutenu Saber Rebai à ses débuts et lors de ses passages en Égypte. Un medley de ses titres emblématiques El Asami, Youm Lik W Youm Alik et Kolli Elli Lamouni a été interprété par Saber Rebai et les deux jeunes chanteurs, auxquels il a laissé un espace pour montrer l’étendue de leur talent. Ces jeunes artistes ont pleinement relevé le défi.
Saber Rebai a repris ensuite avec le public, ses titres les plus appréciés, notamment le générique du feuilleton Sayd Errim et la chanson mélancolique Khallas Tarak. Deux nouvelles chansons, qu’il a récemment partagées sur ses réseaux sociaux, Ana Chayakh et Tayer, aux sonorités estivales et joyeuses, ont également ravi les pectateurs.
Toujours dans cette optique de transmission, le chanteur a fait appel au ténor tunisien Lotfi Bouchnak, avec qui il a interprété l’une des chansons préférées des Tunisiens, Ritek Ma Naâref Win, avant d’enchaîner avec Dalloula, dans le même registre, dont les paroles s’inscrivent dans la continuité de la précédente.
Les deux grands artistes se sont ensuite retirés près du piano pour laisser le devant de la scène à deux talents confirmés de la scène culturelle arabe : Boutheina Nabouli, qui a repris Nassaya de Lotfi Bouchnak, et Mohamed Ali Chebil, qui a interprété Yé Lella de Saber Rebai.
Sur fond d’une projection mettant à l’honneur les grandes figures de la scène artistique et musique tunisienne, les quatre artistes ont rendu hommage à des légendes telles que Ali Riahi, Saliha, Sadok Thraya et Hédi Jouini, en reprenant des classiques du patrimoine comme Ma Habitech, Ah Ouadouni, Ki idhik Bik Edhahr Ya Mezyana et Lamouni Elli Gharou Menni.
Après plusieurs solos instrumentaux des musiciens, place à la grande surprise de la soirée : Cheb Khaled a fait son entrée sur scène pour clôturer le concert avec des titres festifs comme Abdelkader et Sidi Mansour. Le roi du raï, heureux de retrouver le public tunisien deux jours avant son propre concert à Carthage, s’est prêté volontiers au jeu, rappelant la proximité des cultures maghrébines et le pouvoir fédérateur de la musique.
Le concert de Saber Rebai au Festival de Carthage 2026 a reflété toute la maturité artistique et la maîtrise que le chanteur a acquises au fil des années. Au-delà de la qualité de son interprétation et de ses performances vocales, l’artiste tunisien a su innover en ne laissant rien au hasard, présentant un spectacle parfaitement ficelé où chaque détail avait sa place et attisant la curiosité et l’intérêt du public jusqu’au bout.
Sara Tanit
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